Le blog de marine
Il ne savait pas que c'était impossible alors ils l'ont fait
Mark Twain
Clins d’œil
Il ne savait pas que c'était impossible alors ils l'ont fait
Mark Twain
Comparaison n'est pas raison certes mais dans ce petit coin d'Andalousie, la crise se voit d'abord dans les multiples maisons à vendre qui ne se vendent pas et les non-moins multiples chantiers à différents stades de construction laissés à l'abandon.
Des plaques de marbre jonchent une chappe de béton, des sacs de ciment éventrés par dizaines s'empilent par ailleurs, des tuiles, des tuyaux du carrelage à ne plus savoir où en mettre et autres matériaux... trainent partout sur différentes parcelles depuis plus d'une année . Des envies de venir avec un camion récupérer ces restes d'un temps où beaucoup ont cru que rien ne changerait jamais plus et que le faste et le luxe serait le seul credo de leur vie...
Pour peu que l'on commence à parler aux uns et aux autres dans la petite ville, la crise s'est emparée de la vie des habitants non comme une fatalité mais comme une composante d'un quotidien avec laquelle il faut compter. Mon voisin a été remercié pour ses bons et loyaux services de la mairie de Tarifa qui a licencié, il y a quinze jours la moitié de son personnel. D'autres municipalités avaient déjà opéré cette coupe franche et il en reste à suivre.
Dans le même temps, apparaissent en campagne des modes de vie moins insouciants du gaspillage .. Les oranges amères ne sont plus laissées à elles-mêmes, pourrissant sur le sol, elles font les confitures... un détail direz-vous, il en est d'autres, sur le mode d'échanges de services ...
Ici la crise est clairement dite par les femmes et hommes politiques, le discours n'est ni lénifiant ni même rassurant, il brosse de la situation un état réaliste, effets, conséquences... Cela ne change pas la situation mais offre le mérite de mettre chacun face à une inéluctable réalité et l'obligation d'agir en conséquence plutôt que d'attendre sur le pas de la porte l'arrivée des jours meilleurs en regardant le ciel.
Ici, les secrétaires générales des deux parties politiques les plus importants sont des femmes jeunes. A la tête du PP parti populaire, Maria Dolores des Cospeda une fidèle de Mariano Rajoy, président du gouvernement espagnol. Carme Chacon à la tête du PSOE Parti socialiste ouvrier espagnol. Les partis plus jeunes et plus féminins qui font les assemblées moins tristes. Malheureusement, les discours des deux partis ne semblent pas vraiment neufs. La droite dit c'est la faute de la gauche et inversement et pas grand chose à la suite. Mais il me faudra encore un peu de temps pour creuser le sujet.
Comparaison n'est pas raison et ce ne sont que quelques impressions saisies aux premiers jours de mon séjour dans le sud de l'Espagne. A prendre comme telles ni plus ni moins !
Black out sur Twitter et Wikipedia, la page de l'encyclopédie en ligne dans sa version anglophone, affichait hier le message suivant : "Imagine a World Without Free Knowledge, For over a decade, we have spent millions of hours building the largest encyclopedia in human history. Right now, the U.S. Congress is considering legislation that could fatally damage the free and open Internet. For 24 hours, to raise awareness, we are blacking out Wikipedia."
Le black out protestait contre le danger que les deux propositions de lois pour combattre le piratage en ligne qui gênent surtout les dinosaures des entreprises cinématographiques et musicales incapables de faire évoluer leurs activités en tenant compte d'Internet. L'administration Obama a répondu aux deux pétitions populaires qui demandent leur retrait en prenant ses distances vis à vis de ces lois mais soulignant la nécessité de lutter contre le piratage en ligne : « Bien que nous pensons que le piratage en ligne en provenance de sites étrangers est un problème sérieux, qui requiert une réponse législative ferme, nous n'accorderons pas notre soutien à une loi qui réduirait la liberté d'expression, augmenterait les risques de cybersécurité et saperait les bases d'un Internet mondial, innovant et dynamique. » lire l'article sur 01net.
Le "guardian", quotidien britannique, a collé toute la journée d'hier, un jeune et courageux journaliste pour se substituer aux sites et répondre aux demandes formulées sur l'encyclopédie en ligne. A l'aide de ... l'encyclopédia universalis datant de 1989, le jeune homme s'y est collé du mieux qu'il a pu.
Qui a peur de l'espace ce liberté qu'offre Internet ?
Que la France perde un A, il lui en reste deux mais que l'entreprise Lejaby ferme ses portes et la voilà sans dessous chic. Si la France est en manque c'est bien d'érotisme... Un moral dans les chaussettes (made in China) et l'horizon au bout du champ, nous voilà sens dessus dessous surtout sans dessous.
L'entreprise de cette marque née en 1930 devenue depuis 2008 la propriété d'un groupe autrichien, a été placée en redressement judiciaire en fin d'année. Le sort des 450 salariés Lejaby se joue aujourd'hui au tribunal de Lyon. A Yssingeaux, en Haute Loire, les salariés ont passé la nuit sur leur lieu de travail. Ils seront au tribunal pour entendre le jugement...
L'économie devenue folle brûle même les dessous chics et personne ne sait arrêter ce feu.
Tout se perd, les A, les dessous chics.... mais où iront nos rêves si l'érotisme les déserte.!
Viktor Orban, défie la démocratie. L'Europe alourdie peine à concevoir une risposte à la hauteur de cet affront. En 1999, lorsqu'il s'était agi de fustiger Jörg Haider, homme politique de l'extrême droite autrichienne négociant son entrée au gouvernement du chancelier conservateur Wolgang Schüssel après que son parti le FPÖ ait obtenu 26,8% des voix aux éléctions, les voix européennes avaient clairement fait entendre leur opposition, leur indignation, leur rejet viscérale d'un populisme rampant, mortifère.
En ce temps-là, Vaclav Havel vivait encore et la crise n'avait pas atteint le point de bascule dangereux qui paralyse les Etats, le terrorisme ne servait pas d'alibi pour grignoter de ci de là des libertés et donner libre cours à des tentations de plein pouvoir qui guette plus d'un chef d'Etat. La démocratie est là pour veiller à ces dérives. Quand la démocratie engendre elle-même ce fléau totalitaire que rien n'arrête. Il n'y a pas de concessions à faire, ni de transactions à mener pas plus que de négociations, il n'y a que la condamnation possible. Pas du bout des lèvres mais clairement exprimée et portée par les voix de tous les dirigeants européens.
Cette dérive populiste qui s'appuie, depuis le 1er janvier, en Hongrie, sur une nouvelle constitution aux accents nationalistes et une loi qui musèle la presse est dangereuse. La tentation est puissante qui voit dans le repli identitaire la solution à tous les problèmes engendrés par la crise. Le rêve européen se fissure dangereusement.
Au chili, le programme scolaire officiel approuvé par le Conseil national de l’Education, a fait disparaître le mot dictature. du programme d’histoire, le terme de “dictature militaire” a été remplacé par “gouvernement militaire”.
"En tant qu’historienne, je
m’insurge contre ces affirmations, parce que le débat sur notre passé reste ouvert et que les changements conceptuels ne sont ni innocents ni anodins. Ces changements cachent une intention
politique et idéologique évidente et c’est pourquoi il est important de la rendre visible au plus grand nombre. N’oublions pas que c’est ce passé qu’on va enseigner aux enfants de notre
pays." s'indigne Cristina Moyano dans un article paru dans le Courrier international. ... A lire
Dictature, ce mot qui ne dit son nom et que d'aucuns préfèrent cacher plutôt que de le voir...
Si j'étais musicienne, j'aurais composé une pièce musicale, de la musique sérielle qui pourrait convenir pour illustrer la taxe Tobin. Elle ressort régulièrement à la une de l'actualité et plus encore en temps de crise. Le propos aurait été plus digeste (j'ose l'espérer). Taxer les transactions financières.... l'idée est plus que séduisante, elle semble d'une lumineuse évidence. De nombreux dirigeants rêvent de reprendre la main sur la finance. De la théorie, chiffres à l'appui, à la pratique, il y a juste un détail qui grippe, sa mise en place ne pourrait se faire en solo. Pour avoir du poids contre les requins de la finance, ces prédateurs assoiffés d'argent qui font fi de toute morale, une union est indispensable. Et là, tout se complique.
Une idée séduisante avec revenus substantiels à la clef, au moment où la faillite menace à chaque secousse financière de nous plonger dans le néant, cela ne rend pas capable les états de s'accorder sur des mesures. Que l'affaire soit complexe, personne ne contestera ce fait. Nicolas Sarkosy veut monter au créneau et de cela aucun homme de gauche qui se respecte ne peut le lui reprocher. Mais comme, l'agitation le dispute à la réflexion... Sa décision aura au moins le mérite de mettre les pieds dans le plat, révélant une fois de plus, la frilosité des politiques face aux financiers et c'est pathétique.
Il y a une dizaine d'années, Michel Pébereau, qui dirigeait il y a quelques mois encore BNP-Paribas avait avancé, contre les taxations financières, l'argument suivant : « les opérateurs de marché sont très créatifs et font travailler l’imagination avec beaucoup d’efficacité pour inventer des instruments susceptibles d’échapper à l’impôt dès qu’un impôt est créé ». Etonnant , non .... En matière d'imagination, beaucoup de personnalités politiques feraient bien d'aller en formation pour un entrainement intensif. Le rêve les a déserté et ils nous font la vie bien triste.
En 2008 le montant des transactions financières était évalué à 4 292 000 milliards de dollars soit 74 fois le PIB Mondial. ...no comment
"Si vous me demandez où j'étais
je dois dire : « Il arrive que ».
Je dois parler du sol que les pierres
obscurcissent,
du fleuve qui en se prolongeant se détruit
:
je ne connais que les choses perdues par les
oiseaux,
la mer laissée en arrière, ou ma soeur qui
pleure.
Pourquoi tant de régions. pourquoi un
jour
se joint-il à un jour ? Pourquoi une nuit
noire
s'accumule-t-elle dans la bouche ? Pourquoi des
morts ?
Si vous me demandez d'où je viens, je dois
parler
avec les choses brisées,
avec des ustensiles trop amers,
avec de grandes bêtes souvent
pourries
et avec mon coeur tourmenté."
Pablo Neruda (extrait du poème Il n'y a pas d'oubli)
Officiellement, Neruda serait mort des suites de complications d'un cancer de la prostate le 23 septembre 1973 à Santiago au Chili, moins de deux semaines après le coup d'Etat contre le président socialiste Salvator Allende dont il était proche. Mais officieusement, selon Manuel Araya, secrétaire personnel et chauffeur du poète, il aurait été assassiné sur ordre du gouvernement Pinochet. Opposant au régime ¨Pinochet, le prix Nobel de littérature devait partir au Mexique organiser l'opposition. Il aurait fait part à son assistant de son inquiétude après une piqûre réalisée par un médecin qu'il ne connaissait pas, et qui aurait occasionné une réaction allergique. La Fondation Neruda, qui gère les droits de l'oeuvre du poète, a réfuté la version proposée par l'assistant de Neruda.
La nouvelle enquête, demandée par le Parti communiste chilien, a été acceptée par le juge Mario Carroza, le même qui s'occupe déjà de la nouvelle enquête sur les causes de la mort de Salvador Allende.
De la force de ses poèmes ne nous privons pas...
"Idéalisme et réalisme, je vous
aime,
Comme l'eau et la pierre vous
êtes
parties du
monde,
lumière et racine de l'arbre
de la vie."
Pablo Neruda (extrait du poème La vérité)
Sur son profil facebook, Philippe Gabilliet se présente comme conférencier. Docteur en sciences de gestion, diplômé de 3ème cycle en sciences politiques, il dispense un enseignement à l'école supérieur de commerce de Paris -ESCP Europe (Paris) dans les domaines de la motivation, du leadership et des stratégies d’anticipation. Il est également directeur académique de la division « Executive Education » et directeur scientifique du European Executive MBA de ESCP Europe. Et comme si cela ne suffisait pas, il est également chargé d’enseignement au CNAM (Conservatoire National des Arts et Métiers) et à HEC Genève (Suisse).
Mais ce qui le rend populaire au-delà de sa sphère spécialisée ce sont ses théories comportementalistes qu'il développe autour de la réussite. Cet indécrottable optimiste décortique les comportements qui conduisent à la chance et le fait savoir. Il est devenu le spécialiste de l'optimisme et il en faut pour affronter la crise dont il semble que le plus dur soit devant nous. Il publie des livres sur le sujet et les vidéos de ses conférences ont une belle place sur le net.
Philippe Gabilliet ne se lasse pas de répéter à qui veut l'entendre "Alors vous me direz, comment on peut faire un cours sur la chance ? Ya des gens qui vous disent : « La chance, c’est le hasard », « On est tombé là au bon moment. » D’autres vont vous dire : « Ben non, y en a qui l’ont et d’autres qui l’ont pas, c’est la bonne étoile. » Ben moi, ce que je vais vous dire, par expérience, après pas mal d’années passées à former des managers, c’est que la chance, premièrement c’est une compétence, et deuxièmement, c’est une compétence qui se travaille." Voila c'est dit. Et pour développer sa chance et gagner aux concours de circontances, il préconise quatre postures :
1°) La vigilance, la curiosité. Celui qui vit dans la routine rencontre rarement des opportunités. Savoir sortir de ses propres routines est la première condition pour activer sa vigilance.
2°) La magie du réseau. Se constituer un réseau, ce n’est pas seulement se construire un carnet d’adresses ni demander des services et rendre des services. Se constituer un réseau, c’est devenir celui ou celle qui met les autres en relation, qui crée les liens entre les autres, qui aide les autres à faire des choses.
3°) Etre conscient que la chance ne marche pas toujours. Il y a des coups de malchance.Tout le monde a des coups de malchance. Il faut savoir utilisé les échecs comme une matière première, pour les transformer en projet et rebondir sur autre chose. Ce qui fait dire que la vraie chance, ce n’est pas ce qui vous arrive, c’est ce que vous allez faire avec ce qui va vous arriver, ce qui n’est pas tout à fait la même chose.
4°) l’anticipation. Il faut toujours avoir un projet d’avance. Les chanceux ont toujours quelque part dans la tête, parce qu’ils en parlent avec les autres, le projet qui, entendu ou récupéré par les uns ou par les autres, va leur créer, demain, la semaine prochaine, le mois prochain, l’opportunité.
Muni de ces bons conseils, il me reste à souhaiter que la chance vous sourit pendant toute l'année 2012. Cultiver la autant que vous pourrez et répétez-vous les vers du poète :
"Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder ils s'habitueront." René char
Pays de toutes les richesses (matières premières), contrées de toutes les misères (guerre, famine...), certaines régions d'Afrique cumulent les excès de l'humanité. Au G20, les indignés avait pour slogan, "G20, j'ai faim". La famine et la malnutration disparaissent de l'actualité aussi vite qu'elles y sont apparues mais elles restent vivaces et menacent toujours. L'Organisation des Nations Unies vient de rapporter que la sécheresse qui sévit dans la corne de l'Afrique pourrait bien se prolonger en 2012. 10 millions de personnes sont concernées par cette sécheresse.
Initiée par la CEN - SAD ( communauté des pays Sahelo- sahariens), endossé par l'Union Africaine, la Grande muraille verte, projet transcontinental officiellement lancé en 2007 par onze pays africains (Burkina Faso, Djibouti, Mali, Ethiopie, Mauritanie, Niger, Nigeria, Sénégal, Soudan et Tchad) pour enrayer l'avancée du désert, prévoit de relier Dakar (Sénégal) à Djibouti par une longue barrière verdoyante de 7.000 kilomètres de long sur 15 kilomètres de large, soit deux millions d'hectares érigés d'ici 20 ans.
Financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), le projet s’inscrit dans le cadre de la Convention des Nations Unies contre la désertification dont l’objectif est de réduire la pauvreté et d’améliorer les ressources alimentaires. Les bailleurs de fonds ont promis 3 milliards de dollars aux pays participants.
Ce programme devrait protéger dix millions de paysans de la famine s'il arrive à «promouvoir les savoirs locaux et les connaissances scientifiques orientés vers la préservation de l'environnement et le développement durable» M. Dennis Garrity, directeur du Centre agroforestier mondial. Ce pari semble avoir été relevé puisque selon le Programme des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), «des milliers d'hectares du Sahel ont reverdi grâce à des agriculteurs qui ne se sont pas contentés de planter des arbres, mais les ont entretenus».
Le Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS) et l'Organisation des nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) ont organisé, du 13 au 14 décembre 2011 à Ouagadougou, une réunion technique sur la Stratégie harmonisée de mise en oeuvre de l'Initiative de grande muraille verte. Cette rencontre visait, entre autre, à la recherche d'outils techniques et scientifiques à mettre à la disposition des acteurs.
Le défi est gigantesque et La GMV a des détracteurs mais l'engouement autour de ce projet dynamise les initiatives locales. Au Sénégal où la construction de la GMV a démarré, les parcelles maraîchère se multiplient. «La muraille n’est que le résultat final. Ce que nous cherchons à faire, c’est protéger et restaurer les écosystèmes de ces régions du Sahel et [ainsi permettre] l’amélioration de l’alimentation, de la santé, du mode de vie et de l’environnement des populations de la savane», explique Matar Cissé, directeur général de l’agence nationale responsable de la mise en œuvre du projet, dans la capitale sénégalaise, Dakar.
Le vert de l'espoir..... qui fait vivre !
A lire : http://www.grandemurailleverte.org/
http://www.rfi.fr/science/20110531-tessekere-village-dont-vie-habitants-est-entrain-changer-grace-grande-muraille-vert
" Il devrait y avoir en toute constitution un centre de résistance contre le pouvoir prédominant, et par conséquent dans une constitution démocratique un moyen de résistance contre la démocratie." Le Gouvernement représentatif, John Stuart Mill
La scène d'ouverture du film de Pierre Schoeller "L'exercice de l'Etat" (à voir) est en passe de devenir une pièce d'anthologie. Cette évocation fellinienne du pouvoir, sensuelle et fantasmatique, qui prend la forme d'une femme nue se jetant dans la gueule d'un crocodile est assez parlante.
L'irrésistible attraction qui va de l'exercice de l'Etat à celui du pouvoir, ennivre ceux qui le détiennent tant et si bien qu'ils s'accrochent à leur trône ou font tout pour y monter. Les exemples ne manquent pas pour l' illustrer en cette année 2011. Combien de morts pour rester assis sur le siège présidentiel ? Syrie, Lybie, Tunisie, Côte d'Ivoire, Yémen,... les pays arabes qui ont fait le printemps ont payé cette année le prix fort et il semble que ce soit loin d'être terminé.
Ali Abdallah Saleh, le président du Yémen, se prépare à quitter le pouvoir après 33 années à l'exercer. Il laisse derrière lui les trop nombreux cadavres de manifestants qui désiraient qu'"il dégage" , il se dit amer et victime d'une injustice. Au Congo Kinshasa, Joseph Kabila vient de prêter serment mais son principal opposant, Etienne Tshikekedi qui conteste les élections s'apprête à le faire à son tour. Les élections en Côte d'Ivoire ont été un triste précédent, le pays ne s'en remet pas et la situation humanitaire nécessiterait une aide. En Russie, l'élection de Poutine est contestée mais qu'à cela ne tienne... Vladimir Poutine reste aussi indéboulonnable que la statue d'un autre Vladimir... un certain Lénine, quitte à quelques tours de passe-passe éléctoraux, quelques emprisonnements et autres joyeusetés. Au Sénégal, le vieil homme, Abdoulaye Wade, unique candidat de son parti pour l'élection présidentielle en février 2012, brigue un troisième mandat. Le mouvement des jeunes "Y'en a marre" en viendra-t-il à bout ?
L'année 2011 illustre de manière pathétique et réjouissante tout à la fois, les effets de cette puissante drogue qu'est le pouvoir. Où était donc passée la force des contre-pouvoirs citoyens qui servent de remparts aux dérives de l'Etat et régulent ses actions ? Aurions-nous été frappés d'impuissance pendant des années au point de laisser tous les pouvoirs sans une réelle surveillance ? Les marchés financiers auraient-ils eu raison de notre raison, eux qui font fi de la démocratie. Trois présidents en ont fait les frais cette année, et même si Berlusconi était du lot et qu'il était réjouissant de le voir déchoir, son éviction s'appelle néanmoins un déni de démocratie.
Les indignés se multiplient ... Les gens de pouvoir se cramponnent à leur trône, les marchés financiers jouent à la roulette russe, et le mot gouvernance apparait de ci de là... De la dictature à la gouvernance, le chemin est encore long, dépêchons-nous d'avancer...
" Il est très vrai que les démocraties sont perpétuellement menacées par la décadence qu’entraînent l’anonymat des pouvoirs, la médiocrité des dirigeants, la passivité des foules sans âme. En des circonstances tragiques, quand la vie de la nation est en jeu ou que la constitution a besoin d’être restaurée, les peuples désirent suivre un homme en même temps qu’obéir aux lois. C’est alors que s’impose le démagogue ; celui que la République romaine appelait le dictateur, que les auteurs politiques du passé appelaient le législateur. Les régimes vivants font surgir, aux moments critiques, les personnes capables de les sauver. En période tranquille, les chefs des démocraties sont d’honorables administrateurs, quelquefois de bons organisateurs, plus souvent des conciliateurs. Qu’ils aient aussi l’ampleur de vues, la clairvoyance, la passion lucide des grands hommes d’État, c’est là une bonne chance sur laquelle on ne saurait raisonnablement compter. " Préface de « Le Savant et le Politique » Raymond Aron
"Les premiers à l’apercevoir passer en coup de vent entre deux portes en restèrent longtemps interdits. C’était bien lui, en bras de chemise, le nouveau chef de l’Etat, moustache en broussaille et clope au bec, virevoltant dans les longs couloirs du château de Prague sur la trottinette offerte par la joueuse de tennis Martina Navratilova. Il composait son administration sur des feuilles volantes, glissant ici les noms de dissidents revenus quelques jours plus tôt de longs exils intérieurs, comme Jiri Dienstbier; suggérant là d’offrir le Ministère de la culture au musicien américain Frank Zappa, qu’il admirait depuis toujours. Président feu follet, Vaclav Havel savoure, en ce mois de janvier 1990, chaque instant d’un état de grâce né quelques semaines auparavant dans l’improvisation générale de la «Révolution de velours»." Serge Enderlin, Le temps, 19 décembre 2011
Impossible de résister à l'envie de joindre quelques notes au concert de louanges rendu à Vaclav Havel, un homme d'exception. Quelques lignes seulement qui en rejoindront d'autres dans une magnifique unanimité pour porter haut les qualités remarquables de celui dont la vie s'est inscrite au plus près de l'Histoire et qui n'a jamais failli.
Dans le récit que fait Vaclav Havel de son entrée au chateau, se trouvent les facettes multiples de ce dissident devenu président. Responsable, libre, hors norme, cultivé, lucide....Son action politique s'enracine dans un humanisme moral et philosophique et la conscience d'une responsabilité envers le monde.
Un modèle, une référence de loyauté et de moral, ... Qui aujourd'hui ?
Résister, c'est créer.
Résister , c'est s'engager.
De nous le rappeler, ne nous en privons surtout pas.
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