Syrie : le dernier tag de Jamil

Publié le par marine

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La Rochelle, janvier 2009

Seize mois de répression féroce et plus de seize mille morts, un régime à l'agonie qui conserve encore un pouvoir de nuisance extrême. Il ne sera plus là quand reviendront les jours apaisés. Lui c'est  Mohamad Jamil Rahmad, 17 ans, tagueur syrien abattu par les forces de sécurité la bombe (de peinture) à la main

 

Il usait du tag pour exprimer sa révolte par des slogans qui dénonçaient la tyrannie et autres injustices. Dans ces domaines, il avait à faire..Il est mort. Il avait 17 ans... Les faits ont été collectés par le Réseau syrien pour les droits humain comme beaucoup d'autres.

 

La journaliste qui relatait cette histoire dans le quotidien "Le temps", il y a quelques jours rappelle que la presse étant personna non grata en Syrie, il a été impossible de vérifier et de recouper ces informations. Mais termine son article par cette justification :  "Les médias ont besoin d’histoires et de visages pour incarner la marche du monde, surtout quand elle est terrible. L’histoire de Jamil devra peut-être être réécrite, comme l’ont été celles de Neda, la jeune Iranienne de la Révolution verte, et de Mohamed Bouazizi, le vendeur tunisien. Mais son indéniable goût d’authenticité est un énième coup porté à un régime qui tue ses enfants." 

 

"Mouhamad Jamil Rahmad est né en 1995 dans la banlieue de Damas, et c’est lui qui fait vivre sa mère et ses trois sœurs depuis la mort de son père en 2010. Au printemps 2011, la révolte syrienne change sa vie. Il se passionne et participe aux manifestations de son quartier d’Al-Qaboun. Sur une vidéo postée sur YouTube, il porte une chemise jaune bien visible et brandit un panneau appelant à la libération du pays, le visage découvert, alors que, tout autour, d’autres jeunes chantent dans une atmosphère qui paraît bien pacifique."


Arrêté en juillet 2011, il passe 115 jours en prison. A sa sortie, Mohamad Jamil Rahmad raconte les sévices, les menaces etc... Les tortures pratiquées par le régime à l’encontre des opposants même très jeunes sont largement documentées par Amnesty International, ou Human Rights Watch. Sorti de prison, après avoir récupéré de ce douloureux séjour, il retourne dans la rue la bombe à la main. Ainsi a-t'il été abattu, le 6 juillet par les forces de sécurité du régime syrien. 


"On n'est pas sérieux quand on a 17 ans" écrivait Rimbaud .. Les temps ont changé, il est des pays où l'on n'a plus cette chance. 

Publié dans Noir

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